1. Objectifs et composition de l’ISR Robert Casso

La région Languedoc-Roussillon concentre un grand nombre de risques : technologiques, industriels (liés notamment au transport de matières dangereuses) ou d’origine naturelle (inondations ou feu de forêt).

Le projet « d’Institut des Sciences des Risques Robert Casso» doit permettre :

- de développer des projets nouveaux, ambitieux et fédérateurs à l’échelle de la région en s’appuyant sur le pole de compétitivité « Gestion des Risques et Vulnérabilité des territoires »
- de proposer, en s’appuyant sur l’ancrage régional, une offre globale de formation de haut-niveau (initiale ou continue),
ð de réaliser une recherche d’excellence (formation à la recherche, projets de recherche nationaux, européens),
- de participer au transfert de savoir-faire (aide à la création d’entreprise en s’appuyant sur les pépinières et incubateurs de la région).

Ses objectifs globaux de recherche sont les suivants

  • Comprendre, modéliser et prévenir les événements, d’origine humaine,  naturelle, technologique
  • Simuler les catastrophes pour en étudier les conséquences et améliorer l’organisation des cellules de crise.
  • Etudier les impacts humains, sanitaires, environnementaux, des catastrophes naturelles et des accidents industriels.

Rapidement, l’ISR Robert Casso va se hisser comme l’acteur clé de R&D dans le domaine des Risques dans la zone Euro méditerranéenne.
L’équipe de chercheurs, qui le composera, est constituée actuellement de 20 personnes (7 enseignants chercheurs, 3 ingénieurs de recherche, 2 techniciens, 8 doctorants). Il convient d’ajouter les 70 élèves du département Management des Risques et Environnement et les 12 élèves du Mastère Sécurité Industrielle et Environnement

2. Equipements de l’ISR Robert Casso

L'activité de l'ISR Robert Casso sera organisée autour de deux plates-formes :

  • une plate-forme de recherche et de développement d’expérimentation et de modélisation,
  • une plate-forme de simulation numérique à vocation de formation continue.

Les recherches en matière de risques se traduisent généralement par des expérimentations effectuées sur des plateaux techniques d'essai en vrai grandeur ou à grande échelle. Ces essais sont souvent difficiles et couteux à mettre en œuvre. Ils se doivent donc aujourd'hui d'être préparés, voire remplacés, par des expérimentations à petite et moyenne échelle associées à des simulations numériques permettant d'en tirer des lois expérimentales prêtes à la validation.

Autour des thèmes proposés s'est constitué un ensemble de PME partenaires correspondant aux 4 axes de cette plate-forme selon le tableau suivant.

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Les exemples qui suivent de scénarios permettent d’illustrer ces axes de recherche.

 Axe 1 : Exemple de situation : Une citerne d’acide chlorhydrique se déverse dans le canal du Rhône à la suite d’un accident de transport de matières dangereuses. L’ISR sera doté d’un canal hydraulique permettant l’étude et la modélisation de la dispersion des polluants dans l’eau. Le laboratoire permet de modéliser la distance et la concentration d’acide en amont des prises d’eau agricoles. Les entreprises BRL ou TOTAL sont intéressées comme partenaire, SATUJO (PME innovante dans le domaine de la lutte contre les pollutions) pour la mise en place de barrages flottants, SECOMAM (PME alésienne travaillant sur la métrologie des eaux) pour intervenir en diagnostic et mesures rapides et le CHRU de Montpellier dans l’évaluation sanitaire de la situation. Ce projet pourra également être mené en collaboration avec l’UMR Geosciences de Montpellier où un partenariat a été établi dans le domaine de la simulation numérique des pollutions aquatiques.  http://tbn0.google.com/images?q=tbn:cWpwGpDU7Vl9_M:http://www.espace-sciences.org/images/photos/0005/img_1236847327025.jpg
   
Axe 2 : Protection des stockages de Gaz de Pétrole liquéfié contre le risque d’explosion lors d’un incendie : Le four industriel permet d’expérimenter la tenue au feu de barrières de défense. L’entreprise Compart (Alès) est intéressée par la mise au point de mousses intumescentes. Total et Gaz de France sont intéressés par le développement de ces mousses et leur mise en œuvre afin de limiter l’impact des  flux thermiques. img0003
   
Axe 3 : Un produit chimique dangereux est émis dans l’atmosphère (accident industriel, attentat,…). La soufflerie aéraulique va permettre de mesurer les concentrations émises et leur impact sur la santé des populations. Sont intéressés l’IRSN  sur les aspects relatifs à la dispersion des produits radio-actifs (sur la base d’étude sur des simulants), le SDIS 30 pour la prévention et la gestion de telles situations, la DGA, le CEA/DAM pour des motifs sécuritaires et l’UIC pour le compte de ses adhérents par la détermination des distances d’isolement autour des sites à risques indutsriels et l’analyse des conséquences de l’accident.. img009
   
Axe 4 : Une réaction chimique s’emballe au sein d’un site industriel. Le réacteur mis en place permet d’analyser les conséquences de cet emballement et de mettre au point les dispositifs de contrôle des vapeurs émises et de les contenir. Sont intéressés Sanofi qui a la volonté de mieux sécuriser ses productions et l’ensemble des parfumeurs du pole de compétitivité PASS qui possèdent de nombreux réacteurs et pour lesquels la problématique d’emballement des réactions chimiques est importante.  
   

La simulation numérique à vocation de formation continue à la gestion de crises

Le but est de former par des moyens nouveaux et innovants à la gestion des crises de grande ampleur, que ce soit en matière d'inondation, de pollution marine ou d'accidents industriels et d'amener ainsi les différents acteurs concernés (industriels, sécurité civile, services techniques) à un haut niveau d'expertise et de savoir-faire.
L'outil de formation est à concevoir et à réaliser. Il consistera en la réalisation d'un démonstrateur dédié à la formation en gestion des crises, basé sur la réalité virtuelle, obligeant les stagiaires à gérer en temps réel des crises simulées. La formation par la réalité virtuelle consiste à mettre en scène une situation accidentelle sous forme de film de telle manière que les actions réalisées par les gestionnaires de la crise soient directement traduites sous forme d’images projetées sur les murs de la salle de manière « continue ».

5 scénarios sont actuellement envisagés :

  • accident de transport de matières dangereuses
  • accident sur site SEVESO
  • pollution marine
  • inondation
  • risques biologiques

A titre d’exemples, les formations qui seront menées pourront développer les scénarios suivants :
- une rivière déborde et les secours doivent s’organiser pour intervenir dans un village inondé. Le simulateur montre l’évolution de l’inondation du village et intègre le résultat des interventions des acteurs publics dans le déroulement et la gestion de la crise.
- un exploitant d’un site SEVESO forme ses équipes d’intervention à partir d’une simulation d’incident au sein de ses installations, ou d’installations similaires, ce qui permet aux acteurs du Plan d’Opération Interne d’effectuer régulièrement des exercices d’entraînement à la gestion de crise  dans l’établissement.

Ce simulateur fera l’objet d’un premier prototype qui sera validé fin 2009 par les organismes publics concernés (Pompiers, Sécurité Civile, Collectivités, industriels, fédérations professionnelles, etc.). La version définitive pourra être prête pour fin 2010.

Partenariat avec des entreprises privées

La plate forme comprend deux grands volets :

le premier concerne le développement de 4 axes de recherche au sein d’une plate-forme expérimentale de recherche correspondant à l’approfondissement de la connaissance de scénarios qui y sont liés :

  • la pollution aquatique accidentelle : des recherches menées en relation avec l’IFREMER à la suite de la pollution de l’ERIKA ont permis de mettre au point des codes de calcul relatifs au modèle de dispersion dans le cas  de liquides non miscibles. Il convient aujourd’hui d’aller plus loin et de regarder le cas de liquides miscibles et d’extrapoler des résultats au cas de la Méditerranée. Les partenaires industriels en la matière sont à ce jour BRL Ingéniérie, SATUJO (barrages flottants, obturateurs gonflables), SECOMAM (appareils de diagnostic rapide en mesure de pollution aquatique). Ce type de recherche peut également intéresser tout type de pollution aquatique en grande masse. Il convient également de développer des connaissances sur la modélisation de pollutions aquatiques de type biologique).
  • L’incendie et les sytèmes de protection : la connaissance du rayonnement thermique lié aux incendies et du développement des barrières disponibles au-delà des rideaux d’eau, déjà fortement étudiés au sein de l’école et ayant fait l’objet de transfert de technologie vers des sociétés privées, est un des enjeux forts de cet axe. Sur ce sujet là, l’école a développé des recherches relatives à la résistance à la chaleur et au feu de polymères au sein du CMGD. Elle a hébergé au sein de son incubateur un créateur d’entreprise lequel, sorti depuis plusieurs années, est aujourd’hui Président de l’entreprise Compart à Alès (30). Cette société  développe des mousses intumescentes qui servent à obtsruerles passages de gaines techniques favorables à  la propagation du feu. Cette entreprise souhaite développer de nouveaux produits, en particulier avec la, profession pétrolière afin de proposer  des barrières de flux thermique sur des sphères de gaz ou des bacs pétroliers et diminuer ainsi l’utilisation massive d’eau ou d’émulseurs qui ont des conséquences sur l’environnement et sur le risque d’exposition des personnels des forces d’intervention. L’ensemble des pétroliers et autres industries chimiques sont concernés par la réussite de ces recherches.
  • Dispersion atmosphérique de polluants : les applications dans ce domaine sont multiples et concernent des risques de contamination de l’air, qu’elles soient biologiques, nucléaires, chimiques ou physiques. Les recherches seront menées en collaboration avec l’IRSN, la DGA et le GIATT, les services d’incendies et de secours de la région. De nombreux sujets de modélisation existent. Peu d’entreprises locales sont aujourd’hui connectées à ce thème. Néanmoins, si les préoccupations en matière d’environnement industriel se sont en France focalisées sur l’amélioration de la  qualité de l’eau ces 20 dernières années, la défense de la qualité de l’air est en train d’émerger à l’instar de ce qui existe en Allemagne et constitue un marché d’avenir.
  • Sureté de la réaction chimique : cet axe a été intégré au projet d’institut à la demande de  Sanofi principalement qui a de plus activé l’UIC pour collaborer à l’action collective. L’instrumentalisation du réacteur telle qu’elle est prévue permet bien sur d’analyser et d’assurer la sécurisation des réactions chimiques. Cela aura pour conséquence de favoriser le maintiende telles entreprises sur le territoire malgré les risques qu’elles présentent.

Le deuxième concerne le simulateur de gestion de crises : il existe aujourd’hui dans plusieurs pôles traitant de simulation en France et à l’étranger la volonté d’associer réalité virtuelle et scénarios accidentels. La valeur ajoutée de cette association réside dans la réversibilité des scénarios, le passage d’une logique discrète (scénarios et sous scénarios déterminés exactement) à une logique plus continue (association de dynamiques de développement de http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:uOpvVXe6EO6x6M:http://www.cybergeo.eu/docannexe/image/22447/img-6-small487.jpgscénarios à la modélisation de la conséquence d’un événement), au réalisme des situations de crise. Cependant, la difficulté consiste non pas à définir des codes de calcul scientifique, non plus à traduire un scénario quel qu’il soit en réalité virtuelle, mais bien à réaliser l’interface qui permet à un événement de se dérouler virtuellement de manière dynamique, avec par exemple des paramètres chronologiques, climatiques, situationnels. C’est dans ce cadre que les membres de l’équipe Risques développent un partenariat avec Primal Cry à Montpellier. Le but pour le futur ISR est bien d’approfondir la connaissance scientifique de la dynamique d’évolution des crises et de permettre à des sociétés telles que Primal Cry de développer des produits finis proposables sur le marché. Bien sur, l’Ecole souhaite mettre en place son propre démonstrateur pour ses besoins en formation et tentera de posséder en permanence un temps d’avance.

La formation à la gestion de crise par de tels simulateurs n’existe pas encore, à notre connaissance sur le territoire français. Il est certain que le seul « outil » de l’EMA ne saturerait pas le marché lié à ce nouveau type de formation qui, selon les scénarios, se positionne à destination des collectivités locales, des organismes publics et d’entreprises privées.

http://www.lemoniteur.fr/media/IMAGE/2006/02/10/IMAGE_20060210_86833.jpgDe plus, la réussite sera établie dès lors que de nouveaux scénarios seront souhaités par le marché, en particulier la modélisation d’une usine spécifique et de scénarios de crise ad hoc pourraient être vendus clés en main par une société privée : l’ISR y serait sollicité pour les problèmes inédits de modélisation de phénomènes attachés au développement de la crise. Il est certain que l’association entre scénarios de crise et réalité virtuelle est aujourd’hui une thématique de recherche en cours de développement partout dans le monde et que la mise en route d’une telle opération pour se situer parmi les premiers est une course contre la montre. La proximité et le partenariat déjà existant entre l’EMA et Primal Cry est primordial.

3. Financement

Le financement est assuré par l’EMA (680 k€), FEDER (340 k€), Région LR (300 k€), FIBA (80 k€). Un comité de pilotage constitué par des PME locales (ex. COMPART) , des industriels (ex. CFBP) et des institutionnels (ex. le SDIS 30).