ECOLE NATIONALE SUPERIEURE

DES TECHNIQUES INDUSTRIELLES

ET DES MINES D'ALES

6, avenue de Clavières

F - 30319 ALES CEDEX

Tél. (33) 66 78 50 00

Service Bureautique & Réseaux

Formation à l'Internet
version 1.0

du 12 juin 1995

Laurent PELLISSIER

lpelliss@ema.fr

Sommaire

1. L'Internet

Ce document a pour objet de présenter rapidement l'Internet au travers de sa mise en oeuvre et de ses fonctionnalités. L'utilisation des nombreux programmes informatiques qui permettent l'accès à l'Internet ne fait pas l'objet de ce document. De même la présentation technique d'Internet restera minime, seuls seront présentés les concepts importants qui permettront d'utiliser plus intelligemment l'Internet.

1.1. Origines et perspectives

1.1.1. Origines

Depuis quelques mois on parle beaucoup de l'Internet aussi bien dans la presse non spécialisée en informatique qu'à la radio ou à la télévision. Pourtant l'Internet est né au milieu des années 70 de l'interconnexion de plusieurs réseaux du DOD[1] américain. Ce réseau était alors appelé ARPAnet.

Au début, ARPAnet était un projet de recherche militaire dont l'objectif était de créer un réseau informatique expérimental qui pourrait résister à des dommages partiels (tel que la destruction de plusieurs noeuds). Le réseau devait donc pouvoir de façon automatique :

Pour ces raisons, l'Internet est fondé sur la commutation de paquets. L'information à transmettre est donc découpée en paquets de petites tailles qui transitent alors de noeuds en noeuds de l'émetteur vers le destinataire. Les chemins empruntés par chaque paquet d'un même message pouvant être différents, les paquets peuvent alors avoir un séquencement à l'arrivée différent de celui qu'ils avaient au départ. Le destinataire se charge alors de façon automatique et transparente pour l'utilisateur de rétablir l'ordre des paquets.

On parle souvent un peu abusivement de l'Internet comme d'un réseaux. En fait Internet est un réseau de réseau. Internet signifie d'ailleurs INTERconnection of NETworks.

Rapidement le besoin de relier les différents réseaux informatiques des centres de recherches publics américains se fit sentir. Le développement des réseaux locaux Ethernet, suivi de l'apparition de plus en plus nombreuses des stations de travail UNIX dans les universités imposa l'utilisation du protocole IP.

A la fin des années 80, la National Science Foundation (NSF) décida de relier les réseaux de ses 5 principaux centres de recherches entre eux. Le réseau NSFNET résultant utilisa le même protocole IP qu'ARPAnet. De plus certaines universités ou certains centres de recherches US possédaient des connexions point à point. Ainsi depuis une université, pour se connecter à un laboratoire externe il fallait utiliser un ordinateur alors que pour se connecter à un autre centre de recherche il fallait utiliser un autre ordinateur.

Très vite le besoin de relier entre eux tous ces réseaux amena à la création de l'Internet. Par l'utilisation d'un protocole très répandu et non propriétaire[2], l'Internet permis d'interconnecter des ordinateurs très différents les uns des autres et pour la plupart incompatibles entre eux.

1.1.2. Etat actuel

La caractéristique principale d'Internet est de n'appartenir à personne. Chaque centre de recherche connecté à l'Internet participe à son financement. De la même façon les protocoles de communications retenus ne sont pas issus de travaux d'organismes de normalisation internationaux tels que l'ISO[3]. Il n'y a donc pas non plus d'organisme central qui impose aux autres les protocoles. La définition technique des protocoles est décrite dans des documents de références appelés les RFC (Request For Comment). Ces documents sont librement disponibles pour la consultation sur l'Internet.

Initialement exclusivement réservé aux centres de recherches ou aux établissements de formations publics, maintenant Internet est de plus en plus ouvert aux entreprises privées. Actuellement aux États-Unis on estime que la moitié du trafic sur l'Internet est effectué par des entreprises privées.

Le réseau NSFNet qui constituait jusqu'alors le backbone[4] d'Internet aux États-Unis a été fermé en avril 1995 et remplacé par des backbones de sociétés commerciales tels que MCI, ...

Cette ouverture vers le secteur privé est devenue indispensable pour permettre le financement de l'extension planétaire d'Internet.

La situation Française en est toujours au monopole de l'État qui au travers de France Télécom a mis sur pied la branche Française d'Internet : RENATER (REseau NATional pour l'Enseignement et la Recherche).

Evolution du nombre de sites Français raccordés à RENATER.

Evolution du nombre de machines accessibles sur INTERNET (soure INTERNET Society)

Vous trouverez sur l'URL[5] http://www.urec.fr/Renater les informations les plus récentes sur RENATER.

RENATER : Un réseau national de réseaux régionaux

1.1.3. Perspectives

Depuis l'apparition de serveurs WWW, l'Internet commence à intéresser de plus en plus le grand public. On constate actuellement une demande croissante de particuliers qui désirent accéder à l'Internet depuis leurs domiciles. De nombreux opérateurs Français apparaissent pour répondre à cette nouvelle demande.

De nombreuses entreprises commencent également à s'intéresser à l'Internet. Après quelques années de retard, l'Internet en France et en Europe deviendra un gros marché commercial. Cela ne va pas sans poser quelques problèmes en France car RENATER, la branche Française de l'Internet a été exclusivement financée par l'État.

Quelques années après les USA, certains hommes politiques Français annoncent même que le développement des autoroutes de l'information doit être une priorité nationale. Nul doute que les années à venir vont bouleverser le développement de l'Internet.

Victime de son succès quasi populaire l'Internet commence à être très encombré. Le nombre sans cesse croissant de connexion impose d'augmenter la bande passante des principales artères (les backbones). Certains scientifiques se demandent même s'il ne serait pas temps pour eux de créer un autre réseau de réseaux qui serait exclusivement destiné à la recherche et à l'enseignement supérieur. Cette idée présente comme une impression de déjà vu...

1.2. Décrypter une adresse Internet

Chaque noeud[6] du réseau est repéré de façon unique par une adresse. En réalité l'adresse peut être exprimée sous 2 formes différentes :

Ces deux adresses[7] désignant le même noeud du réseau, il y a donc une bijection entre elles.

L'adresse IP est la forme la plus pratique pour un ordinateur. L'adresse symbolique est la plus pratique pour un être humain. Un serveur particulier, le DNS (Domain Name Service) permet d'établir la correspondance entre un numéro IP et le nom symbolique correspondant.

Par exemple le numéro IP 159.31.10.2 correspond à une station SUN qui a aussi pour adresse soleil.ema.fr. Les 2 formes sont rigoureusement équivalentes pourtant nous allons voir que la seconde apporte beaucoup plus d'informations à un être humain que la première.

1.2.1. Adresse d'un domaine

Le système d'administration des noms (DNS) réparti l'administration des noms en niveaux hiérarchiques. Chaque niveau est appelé domaine. Chaque domaine est responsable de l'administration des noms de ses sous-domaines. Ainsi tous les domaines Français ont comme suffixe fr. Un organisme Français s'occupe de l'attribution des noms du domaine fr ainsi que des intervalles de numéros IP attribués à chacun. A charge ensuite à chaque administrateur du domaine d'attribuer ses numéros IP comme bon lui semble. Il peut également décider de créer autant de sous domaine qu'il souhaite.

Par exemple l'ENSTIMA est un sous domaine du domaine fr, le nom que l'on a demandé est ema.fr. Il regroupe toutes les machines de l'école qui ont une adresse IP. Le numéro IP du domaine de l'EMA est 159.31.x.x. Un domaine correspond donc à un réseau qui est connecté à l'Internet.

Le nom d'un domaine est constitué d'au moins 2 parties séparées par un point :

* Un identifiant sur 2 caractères du pays ou le type du domaine sur 3 lettres. Par exemple voici quelques identifiants de pays :

                Suffixe         Pays                   Suffixe         Pays      
              de            Allemagne                it            Italie        
              au            Australie                jp            Japon         
              at            Autriche                 mx            Mexique       
              be            Belgique                 no            Norvège       
              br            Brésil                   nz            Nouvelle      
                                                                   Zélande       
              ca            Canada                   nl            Pays-Bas      
              dk            Danemark                 pl            Pologne       
              es            Espagne                  uk            Royaume Uni   
              us            Etats-Unis               se            Suède         
              fi            Finlande                 ch            Suisse        
              fr            France                   tw            Taiwan        
              hk            Honk Kong                su            URSS          
                                                                   (ancienne)    
              il            Israel                   ...           ...           

Il y a environ 300 codes de pays dont seuls 150 sont actuellement connecté à l'Internet.

* Le nom du domaine.

Quand on parcourt le nom de gauche à droite, chaque nom est englobé dans le sous domaine suivant. Ainsi ensm-ales est un domaine du domaine fr.

1.2.2. Le cas particulier des USA

En tant que créateur du réseau Internet, les USA ont établi des règles d'attributions de noms de leurs domaines quelques peu particulières. Ainsi à l'organisation géographique des attributions des noms de domaine (tel que ucla.ca.us), les USA ont préférés une notion organisationnelle (ucla.edu). Ils ont ainsi fait la distinction entre les sites :

Certains pays comme l'Angleterre ont essayé de reproduire de façon simplifiée la distinction faite entre les domaines privés et les domaines publics. Ainsi le domaine co.uk[8] accueille tous les sites commerciaux alors que ed.uk[9] acceuillera les domaines publics d'enseignement.

1.2.3. Sous domaine

On a vu que l'administrateur d'un domaine a le loisir de créer autant de sous-domaines que nécessaire. Ainsi à l'EMA on pourrait décider de créer autant de sous-domaines qu'il y a de sites :

Bien que possible une telle décomposition n'est utile que quand le nombre d'ordinateurs connectés est important. A l'heure actuelle une telle décomposition est inutile.

Certains domaines couvrent une étendue très vaste. Par exemple nasa.gov relie des sites de la NASA répartis sur tout le territoire des Etats-Unis.

1.2.4. Adresse d'une machine

L'adresse d'une machine s'obtient en ajoutant le nom de la machine au domaine dans lequel elle est définie. Ainsi la station neptune du domaine ema.fr a pour adresse symbolique neptune.ema.fr.

Cette même machine a pour l'instant aussi pour adresse www.ema.fr car elle abrite le serveur WEB de l'ENSTIMA et traditionnellement le serveur WEB se désigne par le nom www. Ainsi nous pourrons déplacer quand bon nous semble le serveur WEB de neptune vers toute autre machine sans que cela perturbe les autres utilisateurs. En effet l'adresse symbolique de notre serveur WEB n'aura pas changé.

1.2.5. Adresse d'un utilisateur

L'adresse d'un utilisateur est en fait son adresse e-mail. En effet un utilisateur n'est généralement pas attaché à une machine en particulier. Il est par contre rattaché à un domaine, c'est donc tout naturellement que l'adresse de l'utilisateur s'obtient en concaténant le nom de l'utilisateur à celui du domaine. Par exemple l'utilisateur lpelliss aura pour adresse lpelliss@ema.fr.

L'adresse du domaine est en fait celle dans lequel le serveur de messagerie (e-mail) se trouve, il peut y avoir plusieurs serveurs de messagerie sur un même domaine, dans ce cas il faut rajouter à l'adresse le nom de la machine qui abrite le serveur de messagerie avec lequel on veut communiquer.

Par exemple si l'on veut établir une passerelle entre la messagerie internationnale e-mail et notre messagerie locale QuickMail il faut déclarer un Macintosh sur lequel tournerait en permanence la passerelle e-mail/QuickMail cette machine pourrait se nommer quickmail.ema.fr. Si un utilisateur extérieur à l'école veut envoyer un message à l'utilisateur référencé Laurent PELLISSIER sur le serveur QuickMail, il devrait le faire à l'adresse laurent_pellissier@quickmail.ema.fr. Il est important de noter que l'adresse laurent_pellissier@ema.fr est invalide car non définie par le serveur e-mail principal du domaine (i.e. soleil.ema.fr).

Actuellement le serveur e-mail tourne sur la station soleil, son adresse est donc soleil.ema.fr. On peut donc tout à fait libeller une adresse e-mail ainsi : lpelliss@soleil.ema.fr. L'inconvénient de cette solution est que si le SETI change le serveur e-mail de station UNIX toutes les personnes qui écrivaient sur la station soleil ne pourront plus joindre leur correspondant. Ceux par contre qui utilisaient une adresse du type lpelliss@ema.fr pourront toujours le faire.

NB : On distingue facilement l'adresse d'un utilisateur de celle d'un ordinateur par la présence du symbole @ (qui se prononce at).

2. Les fonctionnalités de l'Internet

2.1. e-mail : le courrier électronique

Le courrier électronique est souvent le premier service d'Internet que l'on utilise. Il permet de s'affranchir des décalages entre les fuseaux horaires et permet de joindre une personne même si elle est absente.

2.1.1. Utilisation

Pour pouvoir envoyer ou recevoir du courrier électronique, il faut disposer d'une adresse e-mail ainsi que d'un logiciel permettant de communiquer avec le serveur e-mail du domaine. A l'ENSTIMA ce logiciel (que l'on appelle un client) est très souvent Eudora.

A la différence de QuickMail qui utilise le protocole réseau AppleTalk, Eudora utilise TCP/IP, il nécessite donc un ordinateur sur lequel MacTCP soit correctement installé et configuré.

2.1.1.1. Règles d'utilisation

Un certain nombre de règles doivent être respectées lors de la rédaction de courrier e-mail :

A l'ENSTIMA, une adresse e-mail est toujours associée à un compte sur une station UNIX. Vous bénéficiez ainsi des possibilités du système UNIX pour, par exemple, rediriger vos messages d'un compte vers un autre grâce au fichier .forward.

Le client Eudora vous propose un certain nombre de fonctions comme :

2.1.1.2. Messages d'erreurs

Il n'est actuellement pas possible de savoir si le message est arrivé à destination ni de savoir si le message a été lu. Un message envoyé arrive toujours à destination, sauf si l'adresse est fausse ou si une erreur survient sur le réseau. Dans ce cas le message est renvoyé à l'expéditeur en lui signalant dans le champ sujet la nature de l'erreur rencontrée :

2.1.1.3. En cas de réclamations

Si vous ne parvenez pas à envoyer un message à un correspondant et si vous êtes certain de son adresse e-mail vous pouvez le signaler à un utilisateur particulier du domaine distant : postmaster. Le courrier adressé à postmaster sera lu par l'administrateur de la messagerie du domaine que vous essayez de joindre, son adresse sera de la forme postmaster@nom_du_domaine. Par exemple postmaster@site-eerie.ema.fr. Vous pouvez par exemple lui demander si la personne que vous cherchez à joindre est toujours déclarée sur son domaine. Attention il faut écrire au postmaster dans sa langue d'origine ou éventuellement en Anglais.

2.1.1.4. Envoi de pièces jointes

L'envoi de fichiers en pièce jointe pose actuellement de nombreux problèmes car e-mail n'autorise de façon systématique que l'envoi de fichier texte pur (i.e. ne contenant pas de lettres accentuées). Il existe plusieurs normes qui permettent d'envoyer des fichiers de type quelconque mais aucune n'offre la garantie d'être en service sur tous les domaines :

* uuencode : c'est un programme d'origine UNIX existant sur plusieurs modèles d'ordinateurs qui permet d'encoder un fichier binaire sous la forme d'un fichier texte pur. Ce fichier texte peut alors être joint au message. Un autre programme assurera le décodage à la réception. Cette norme n'est pas supportée par Eudora.

Description: Exemple de uuencode d'une image

contenue dans le fichier

miniarizona.jpg

[Section: 1/1 File: minarizona.jpg UULite v2.0]

[Original File Size: 20378]

BEGIN-------cut here-------CUT HERE-------PART 01/01

begin 644 minarizona.jpg

M_]C_X``02D9)1@`!`0$`2`!(``#__@`,07!P;&5-87)K"O_;`(0`$0P-#PT+

M$0\.#Q02$14:*QP:&!@:-"8H'RL^-D%`/38\.T1-8E-$2%U).SQ5=%9=96AM

M;VU"4GB!=VI_8FMM:0$2%!0:%QHR'!PR:48\1FEI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI

M:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI:6EI_\0!H@```04!`0$!

M`0$```````````$"`P0%!@<("0H+`0`#`0$!`0$!`0$!`````````0(#!`4&

M!P@)"@L0``(!`P,"!`,%!00$```!?0$"`P`$$042(3%!!A-180<B<10R@9&Ap> le reste du fichier a été tronqué car il est de la même forme

end

END-------cut here-------CUT HERE-------PART 01/01

Exemple de uuencodage d'un fichier binaire

* MIME (Multi-purpose Internet Mail Extensions) : permet de joindre tout type de document (son, image, document Word...) au sein d'un e-mail. Contrairement à uuencode le codage et le décodage sont totalement transparents pour l'utilisateur. Eudora dans sa version gratuite (1.x) ne supporte pas cette norme, la version commerciale (2.x) la supporte.

Ces 2 méthodes présentent l'inconvénient de n'être opérationnelles que si elles sont présentes de bout en bout de la chaîne d'information.

2.1.2. Sécurité

Il faut se garder d'envoyer tout type d'information confidentielle par e-mail. Il est déjà arrivé de rencontrer sur des serveurs de messageries des programmes qui tournaient en tâche de fond à la recherche de certains mots clés (tels que password) dans les fichiers contenant tous les messages reçus.

De part la structure même d'Internet, les messages transitent de noeud en noeud de l'émetteur jusqu'au destinataire. Aucun de ces noeuds ne peut garantir la confidentialité du message.

D'autre part il n'existe pas de garantie que le contenu des champs From: et Reply-to: soient valides. En effet rien ne vous empêche d'envoyer un message en indiquant comme adresse d'expéditeur ministre@culture.fr.

Il est cependant possible d'envoyer des messages confidentiels et même de garantir l'origine du message en utilisant un logiciel tel que PGP (Pretty Good Privacy). Ce nom qui signifie assez bonne confidentialité est particulièrement humoristique quand on connaît l'efficacité militaire du cryptage utilisé. Philip Zimmermann, l'auteur de ce logiciel fait l'objet de poursuites judiciaires de la part de l'administration américaine pour exportation illégale (en fait pour diffusion par Internet) de technologies militaires. Bien que PGP soit un logiciel d'utilisation totalement gratuite il est interdit d'utilisation en France car les services compétents de l'État ne pourront pas décrypter vos messages.

PGP utilise une combinaison de clé privée et de clé publique qui permettent d'authentifier et de crypter un message. Pour cela vous devez garder secret la clé privée et distribuer à des personnes de confiance vos clés publiques.

Une version Macintosh de ce logiciel existe et fonctionne parfaitement !

2.2. Listes de diffusions (mailing lists) : les utilisateurs se regroupent

On a vu qu'avec le logiciel Eudora on peut créer des listes de diffusions. Ainsi tout message envoyé à la liste sera envoyé à tous les membres de la liste. Le problème de ce système et qu'il oblige tous les membres à mettre à jour de façon synchrone leur liste d'abonnés en cas de modification, ajout ou suppression d'un des leurs.

Heureusement est arrivé le serveur de mailing list. Il permet de centraliser sur une seule machine toute la liste et offre de nombreux autres services.

2.2.1. Principe

Un ordinateur héberge un logiciel serveur de mailing lists, on communique avec ce serveur par 2 adresses différentes :

Les listes de diffusions sont très souvent thématiques, elles peuvent parfois être géographiques ou administratives. Ainsi on peut décider de faire une liste pour communiquer avec les élèves de 1ère année, une liste pour échanger des informations entre professeurs, une liste pour échanger des informations entre les Services Etudes des différentes Ecoles des Mines du monde...

Pour consulter la liste de toutes les listes de diffusion existantes, parcourez le serveur gopher de l'UREC dont l'adresse se trouve sur la page http://www.ema.fr/divers.html du serveur WEB de l'ENSTIMA. Chaque liste est décrite ainsi que la façon de s'y abonner.

2.2.2. S'abonner

Il existe plusieurs modèles de serveur de mailing lists, les plus répandus sont listserv et majordomo. Les commandes varient en fonction du serveur, généralement pour s'abonner il suffit d'envoyer un message à l'adresse administrative dont le contenu est de la forme :

Un serveur pouvant gérer plusieurs listes de diffusions simultanément, il faut préciser le nom de la liste au moment de l'abonnement. Dans ce cas l'adresse administrative est unique alors que l'adresse de diffusion est différente pour chaque liste.

En réponse à une demande d'abonnement le serveur envoie dans les minutes qui suivent un message de bienvenue contenant de nombreuses informations intéressantes telles que la façon de se désabonner. Afin de rationaliser l'utilisation de la liste de diffusion ce message contient également le cadre strict d'utilisation de la liste. L'utilisateur doit se plier à ces règles pour le bien être des autres abonnés. Il est fortement conseillé de garder de côté ce message pour le jour où l'on voudra se désabonner.

X-POP3-Rcpt: lpelliss@soleil
Date: Tue, 23 May 1995 09:16:48 +0200
From: listserv@univ-rennes1.fr (Listserv v4.0.0)
Subject: Bienvenue dans la liste 'www-fr'
To: lpelliss (Laurent PELLISSIER)

Bienvenue dans la liste de diffusion de nom : www-fr

Cette liste est destine'e aux discussions diverses sur WWW (World Wide
Web) en francais.

Pour envoyer des messages a` cette liste les adresser a` :
www-fr@univ-rennes1.fr

Cette liste est ge're'e par le logiciel TULP, vous pouvez par
messagerie
soumettre des reque^tes a` ce logiciel telles que les suivantes :
- vous de'sabonner
- connaitre les autres abonne's a` la liste
- re'cuperer les anciens messages qui ont de'ja` e'te'
poste's dans cette liste.

Pour connaitre les commandes disponibles et leur syntaxe, envoyer
un message a l'adresse :
listserv@univ-rennes1.fr
sans sujet, avec dans le corps du message la commande :
HELP

En cas de probleme(s) envoyer un message a l'adresse :
postmaster@univ-rennes1.fr

Message e-mail reçu suite à un abonnement à la liste de diffusion www-fr

2.2.3. Se désabonner

Pour se désabonner d'une liste il suffit d'envoyer le message de la forme suivante à l'adresse administrative du serveur :

Il est fortement recommandé de conserver le message reçu lors de l'abonnement à la liste car il indique clairement la façon de se désabonner ainsi que l'adresse administrative. Sans cette information, se désabonner peut être un véritable parcourt du combattant. Cela est d'autant plus gênant que pendant ce temps la boîte aux lettres continue à se remplir de messages.

2.2.4. Participer aux discussions

Les discussions doivent se faire via l'adresse de diffusion, tout message envoyé à l'adresse de diffusion sera reçu par tous les abonnés de la liste.

2.3. WWW : la toile d'araignée planétaire

World Wide Web est le plus récent des services d'information disponibles sur Internet. C'est aussi celui qui a le plus contribué au développement exponentiel d'Internet auprès du grand public. Fondé sur le concept de document hypertexte, WWW a été créé au CERN[11] de Genève pour pouvoir facilement présenter des informations variées à des physiciens qui n'avaient pas de compétence informatique.

De tous les protocoles utilisés sur Internet, celui lié au WEB est le protocole dont le volume d'échange croit le plus vite.

2.3.1. Présentation de l'hypertexte

L'hypertexte est un moyen d'enrichir un texte par des références contextuelles vers d'autres documents. Cela permet d'insérer dans un texte des liens vers des documents qui enrichissent ou complètent le texte. Les documents hypertextes sont très souvent utilisés dans les systèmes d'aide en ligne de la plupart des logiciels récents.

WEB est une version réseau du concept d'hypertexte. De plus dans un document hypertexte traditionnel les liens vers d'autres documents sont accessibles en cliquant sur des groupes de mots particuliers. Dans le cas de WEB cette notion d'accès aux liens est étendue aux images. On peut ainsi avoir dans un document WEB une image qui comporte des zones sensibles. En cliquant sur certaines de ces zones on accède aux liens définis.

Un lien peut pointer vers :

La définition d'un lien est formalisée par la notion d'URL que nous allons voir en détail.

Un document WEB est écrit dans le langage HTML (HyperText Markup Language), il est transporté du serveur vers le client (i.e. le Macintosh) par le protocole HTTP (HyperText Transport Protocol).

2.3.2. Architecture client-serveur utilisée

WWW est basé sur l'architecture client-serveur. Le serveur est l'ordinateur qui vous fournit un accès aux documents HTML, il est sur un site distant différent du votre. Le client est le logiciel qui envoie les requêtes au serveur et qui interprète les réponses du serveur en les affichant à l'écran.

Le client utilisé à l'École des Mines d'Alès est Netscape. C'est un produit commercial qui peut pour l'instant être utilisé gratuitement par les institutions publiques d'enseignements.

2.3.3. URL : un accès unifié à l'information

URL signifie Uniform Ressource Locator, c'est une norme d'accès à une ressource. Une ressource peut être un des types de fichiers précités (images, sons...). Concrètement lorsque dans Netscape il y a un mot clé en surbrillance, le fait de cliquer sur cet élément vous affichera le document. Ce document peut être localisé sur n'importe quel serveur de part le monde, les informations indiquant à Netscape le lieu où le document est déposé sont définies par une URL.

Une URL est composée de 4 parties :

La forme générale d'une URL est la suivante :

Protocole://serveur:port/chemin/nom_du_document

Voici quelques exemples valides d'URL :

2.3.4. Navigation dans les documents

Dans un document, le fait de cliquer sur un mot en surbrillance ou sur certaines images entraîne la consultation de l'URL associée. A tout moment on peut interrompre le chargement d'un document en cliquant sur l'icône du panneau Stop. On peut revenir au document précédent en cliquant sur l'icône Back.

Dans la zone éditable Location, on peut directement saisir l'URL du document que l'on veut visualiser.

On peut utiliser Netscape pour consulter des documents non HTML, dans ce cas il faut préciser un autre protocole que HTTP. Par exemple l'URL gopher://gopher.urec.fr vous emmène sur le serveur Gopher de l'UREC (Unité Réseau du CNRS).

2.4. FTP : le transfert de fichiers

Après le courrier électronique, un des services de base offert par Internet est le transfert de fichier. Pour cela on utilise habituellement le protocole FTP (File Transfert Protocol). Le transfert de fichier se fait en établissant une connexion entre un serveur FTP situé sur un site distant et un client FTP situé sur votre ordinateur.

2.4.1. Présentation du client FTP

Le logiciel client FTP utilisé à l'ENSTIMA sur Macintosh est Fetch. C'est un logiciel développé au Dartmouth College aux USA. La dernière version de Fetch est désignée par l'URL :

ftp://ftp.dartmouth.edu/pub/mac/Fetch_2.1.2.sit.hqx.

Sur certains Macintosh le client FTP peut être aussi TCP Connect II, c'est un logiciel commercial acheté par l'ENSTIMA qui permet tous types de connexions Internet excepté WWW.

FTP permet de transférer des fichiers du client vers le serveur (c'est rarement utilisé) ou du serveur vers le client, en clair il vous permet d'envoyer des fichiers ou d'en ramener. Il vous permet également de supprimer des fichiers ou des répertoires à distance sous réserve que le serveur vous donne le droit de le faire.

La condition de base pour transférer des fichiers est que le site distant soit équipé d'un serveur FTP actif. Ensuite en plus d'un client FTP il vous faut un compte pour être autorisé à vous connecter au serveur. Il existe 2 types de comptes, le compte nominal et le compte anonyme.

2.4.2. Transfert avec un utilisateur

Pour transférer un fichier à un utilisateur il faut connaître son compte. Un compte est composé d'un nom d'utilisateur et d'un mot de passe. Vous pouvez par exemple lorsque vous êtes en déplacement vous connecter par FTP sur le serveur de l'ENSTIMA par l'URL ftp://soleil.ema.fr. Là vous devrez indiquer votre compte pour que la connexion soit acceptée par notre serveur et que vous soyez autorisé à transférer des fichiers.

Si vous voulez envoyer des fichiers à quelqu'un vous devrez soit connaître son compte (attention de ne jamais envoyer de compte avec mot de passe par e-mail) soit connaître un compte commun qui s'appelle parfois guest (invité) sur lequel vous aurez très peu de droits d'accès.

2.4.3. FTP anonymes

Le compte FTP anonyme vous permet de vous connecter à un serveur qui en est équipé pour pouvoir recevoir des fichiers. Certains serveurs FTP anonymes possèdent un répertoire /upload dans lequel vous pouvez envoyer des fichiers.

Pour se connecter à un serveur anonyme vous devrez entrer les informations suivantes :

user : votre nom d'utilisateur

password : votre adresse e-mail complète

Par exemple pour se connecter à l'Institut Blaise Pascal à Paris, vous devrez fournir les informations suivantes à Fetch :

host : ftp.ibp.fr

user ID : anonymous

password : lpelliss@ema.fr

Directory :

Dialogue d'ouverture de connexion

Sur la quasi-totalité des serveurs FTP anonymes il y a un répertoire /pub qui contient les fichiers accessibles au public.

Les fichiers qui sont reçus par Fetch sont placés dans le dossier précisé dans le dialogue des préférences. Pour l'activer valider l'option Preferences... du menu Customize. Dans la liste Topic choisissez Downloading :

Une partie du dialogue de sélection des préférences

Là vous spécifiez le dossier par défaut en cliquant sur la case à cocher Download folder.

2.5. Archie : recherche de fichiers dans les sites FTP anonymous

La multiplicité des serveurs d'informations rend difficile la recherche d'une information précise. Un outil à été développé par l'université McGill du Canada : Archie.

Archie permet de rechercher la liste des serveurs FTP anonymes qui possèdent un fichier dont on connait une partie du nom.

Il existe actuellement plus de 3000 serveurs FTP dans le monde. Archie est composé de 2 parties :

Exemple de requête : Recherche d'un fichier contenant le mot tcpip. La requête est envoyée au serveur Archie Suisse. La recherche s'arrêtera dès que 5 fichiers auront été trouvés

Résultat de la requête précédente

2.6. Usenet news : les forums de discussions thématiques

Quand on veut établir une discussion avec des utilisateurs sur un thème précis, nous avons vu que l'on peut utiliser des listes de diffusions. Le problème de ces listes est que sur certains thèmes le volume d'information devient très vite énorme. Il est alors préférable d'utiliser le service des news.

De plus les news permettent facilement de participer de temps en temps à une discussion sans être obligé de recevoir toute l'année des dizaines de messages par jour.

2.6.1. Organisation des news

Comme la plupart des services disponibles sur Internet les news utilisent un serveur et des clients. Le client news utilisé à l'ENTSIMA est Internews développé au Dartmouth College.

Le client se connecte au serveur de news pour consulter ou poster des articles à un groupe. La propagation des news se fait de proche en proche entre les différents serveurs. Un message posté sur un serveur peut mettre plusieurs jours à se propager à tous les serveurs de news de la planète. Quand on poste un article on peut limiter sa diffusion à certains pays.

Pour l'instant l'ENSTIMA ne dispose pas de serveur de news car cela nécessite énormément de place disque sur le serveur. De plus notre connexion Internet à 64 Kbits/s ne nous permettrait pas de recevoir beaucoup de groupes.

2.6.2. Organisation hiérarchique des news

Afin de pouvoir trouver facilement un groupe qui parle d'un sujet précis, les news ont une organisation hiérarchique arborescente. Plus on descend dans l'arborescence plus le sujet devient précis. A la racine de l'arborescence il y a 7 branches principales :

Plus on descend dans ces branches plus le sujet se spécialise, par exemple :

Comme vous pouvez le voir :

Beaucoup moins spectaculaire que WWW, les news sont incontestablement plus utiles tant les sujets de discussions sont variés. Contrairement à WWW les news permettent à tout un chacun de participer aux discussions.

Il convient cependant de respecter scrupuleusement un certain nombre de règles qui sont périodiquement postées dans les groupes news.announce.newusers et fr.announce.newusers. Le non respect de ces règles élémentaires de politesse par un nombre grandissant de nouveaux venus sur Internet rend parfois la lecture des news très pénible.

2.6.3. Propagation des news entre serveurs

Il existe plus de 8000 groupes de news (on les appelle généralement les newsgroups). Cependant chaque serveur de news peut décider quels groupes ou quelles branches de groupes il désire recevoir. Par exemple on peut décider de recevoir :

La propagation des news se fait de proche en proche. Comme c'est toujours le cas sur l'Internet il n'existe pas un serveur central auprès de qui les autres serveurs s'approvisionnent.

Si l'ENSTIMA désire créer son propre serveur de news il faudra que l'administrateur des news contacte les serveurs géographiquement proches pour leur demander de lui envoyer certains groupes (cela s'appelle un newsfeed). Pour recevoir certains groupes particuliers ou pour ne pas surcharger le réseau qui nous alimenterait en news il convient de diversifier ses sources d'approvisionnement. Chaque site qui reçoit les news peut devenir lui même serveur de newsfeed d'un autre réseau. C'est de cette façon que les news se propagent dans le monde entier.

2.6.4. Utilisation pratique des news

Voici un exemple de lecture des news à l'aide du logiciel Internews :

Exemple de lecture des news

La fenêtre est décomposée en 3 parties de haut en bas :

2.7. Telnet : le travail à distance

Expliquer le principe de Telnet est relativement simple : Vous prenez une station de travail en mode texte et vous remplacez les câbles qui relient l'écran et le clavier à l'unité centrale par une connexion réseau. Telnet permet donc de travailler à distance (en mode texte) sur une station de travail.

Le client Telnet utilisé à l'ENSTIMA est soit Telnet du NCSA (de l'université d'Indiana à Urbanna Champaigne) soit TCP/Connect II.

2.8. Gopher : l'information hiérarchisée et distribuée

Gopher est un système de distribution hiérarchisé de l'information. Conçu par l'université du Minnesota, Gopher était au départ destiné à rendre accessible des informations au niveau d'un campus. Porté par la diffusion d'Internet, Gopher s'est développé très vite à l'échelle planétaire.

Gopher présente les fichiers répartis sur l'ensemble des serveurs Gopher comme étant une partie d'un document. Chaque fichier qui peut être du texte ou des images est accessible en parcourant une organisation arborescente. Chaque partie de l'arborescence possède un nom et une adresse réseau. Ainsi en parcourant la hiérarchie on saute de serveur en serveur de façon totalement transparente pour l'utilisateur. Tous ces documents constituent l'espace Gopher (Gopher space). Le point d'entrée de cet espace est très souvent l'université du Minnesota.

Comme pour tous les autres services de l'Internet, Gopher utilise une architecture client/serveur. Le client peut être Netscape, dans ce cas il convient d'utiliser comme URL le protocole gopher:. Il existe bien sûr d'autres clients Gopher sur Macintosh[12].

Vous trouverez sur http://www.univ-rennes1.fr/doc-html/gopher/gopher.html une très bonne présentation en Français de Gopher.

2.9. Autres services

Il existe encore d'autres services sur l'Internet qui sont généralement beaucoup moins utilisés. En voici quelques uns :