

Mesdames, Messieurs,
Cher Tahar, cher ami,
Au nom de tous les membres d'AIMA, je tiens à te remercier. Je te remercie d'avoir accepté notre invitation. Je te remercie également de m'avoir fait l'amitié d'accepter de parraîner notre association. En effet, aujourd'hui l'association AIMA est très fière d'avoir un parrain aussi prestigieux. C'est un très beau cadeau que tu lui fais pour son premier anniversaire.
Je tiens également à remercier l'Ecole des Mines d'Alès, et notamment son Directeur Monsieur Henri Pugnère, de nous avoir fait confiance, malgré le jeune âge de l'association, en nous associant à cette Journée Culturelle et de nous avoir laissé une totale liberté quant au choix du thème à débattre.
Cher parrain,
Le public te connait très bien. Néanmoins, je vais faire un bref rappel de ta longue et prestigieuse carrière.
Tu es né à Fès en 1944. Tu vis actuellement à Paris et à Tanger. Tu as d'abord enseigné la philosophie au Maroc entre 1968 et 1971 avant d'arriver à Paris en septembre de la même année pour poursuivre des études supérieures. En 1975, tu présentes un Doctorat de 3ème cycle en psychiatrie sociale. Ton essai intitulé "La plus haute des solitudes" est issu de cette thèse.
Les débuts de ta carrière sont d'abord consacrés au journalisme. Dès 1971, tu collabores à divers journaux marocains, avant d'apporter une collaboration assidue au journal "Le Monde". Tu écris aussi des chroniques dans le "Républica" et "El Païs".
Tu as longtemps maintenu un contact régulier avec le public maghrébin grâce à la chronique hebdomadaire que tu donnais sur les ondes de Radio Méditérranée Internationale : Médi I.
Tu t'es d'abord fait connaître par un premier récit, Harrouda en 1973, que certains ont considéré comme un roman à scandale. Suivront ensuite des recueils de poèmes et des romans : "La réclusion solitaire", "Les amandiers sont morts de leurs blessures", "La prière de l'absent", "L'enfant de sable", "Jour de silence à Tanger", "L'ange aveugle", "La remontée des cendres", "La nuit de l'erreur" et bien d'autres...
Tu as reçu plusieurs prix littéraires, notamment pour "Le discours du chameau" PRIX DE L'AMITIE FRANCO-ARABE 1976, "La nuit sacrée" qui t'as vu décerné LE PRIX GONCOURT en 1987, "Les yeux baisssés" PRIX DES HEMISPHERES 1991, "L'homme rompu" PRIX MEDITERRANEE 1994 et tout récemment tu viens de recevoir le Prix de la Tolérance Universelle des Nations Unies en novembre 1998.
Parmi tes essais, je citerai : "Giacometti", "Hospitalité française" et le tout dernier "Le racisme expliqué à ma fille" aux éditions du Seuil.
Tu es, Tahar, l'écrivain marocain le plus célèbre aussi bien au Maghreb qu'en Europe. Tes livres sont traduits dans 25 langues.
Tu es de plus en plus sollicité par les mass-medias occidentaux pour toutes les questions en rapport avec le monde arabe, et plus spécialement les problèmes concernant les communautés immigrées, problèmes qui retiennent ton attention depuis les débuts de ta carrière.
Tes écrits sont très audacieux et intéressent particulièrement les universités qui ont consacré de très nombreux travaux à ton œuvre qui constitue maintenant une référence obligée.
Ce soir, tu vas nous faire part de ta vision pour l'avenir concernant la question de l'intégration. Ce thème, ô combien d'actualité, nous intéresse au plus haut point et intéresse beaucoup d'Alésiens dans un contexte local et régional difficiles.
Le thème de l'intégration, nous l'avons choisi ensemble car il répond à un souci prioritaire de notre association. En effet, même lorsque l'intégration est parfaitement réussie, il y a résistance dans une partie de la population. Cette population, heureusement minoritaire, pousse le refus de l'autre jusqu'à ne pas supporter son équipe nationale lorsque celle-ci reflète l'image d'une France riche en couleurs.
Tu m'as dit récemment que l'intégration est en marche et qu'elle est inévitable. Mais alors, dis-moi Tahar, y'a t-il d'autres issues que celle d'une intégration dans la douleur?
Au nom de tous tes filleuls, je te remercie. Merci à tous et bonne conférence. ”
Jalil Benabdillah